En guise de sommaire et de présentation

À contretemps, n° 24, septembre 2006
mardi 26 juin 2007
par  .
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Coup sur coup, viennent de paraître, à Barcelone, deux livres fort intéressants de Tomás Ibáñez. Le premier – Contra la dominación – constitue un plaidoyer pour le relativisme en matière de philosophie et s’inscrit, à travers l’examen des œuvres de Cornelius Castoriadis, Michel Foucault, Richard Rorty et Michel Serres, dans la continuité de ses précédents travaux critiques : Poder y libertad (1982) et Municiones para disidentes (2001). Le second – ¿ Por qué A ? – se présente comme une sélection de textes et d’articles de Tomás Ibáñez tournant, peu ou prou, autour de l’anarchie et du pouvoir. L’occasion était donc toute trouvée de lui consacrer le dossier de ce numéro : « Lectures de Tomás Ibáñez ». Il s’articule autour des recensions des ouvrages précités – « Une sauvage exigence de liberté » (Patricia Amigot) et « De l’hétérodoxie comme méthode » (Freddy Gomez) – et insère la traduction d’un des textes du second : « Quelle actualité pour l’anarchisme ? » Ajoutons, pour conclure, que Tomás Ibáñez est sans doute l’un des penseurs les plus hétérodoxes et paradoxaux de l’anarchisme contemporain, et qu’à ce titre, il s’honore d’irriter les dogmatiques de l’Anarchie majuscule.

Dans le numéro 8 de notre revue juin 2002 – consacré à Louis Mercier (1914-1977), nous annoncions une prochaine réédition de La Chevauchée anonyme, son dernier livre. Quatre ans après, voilà chose faite, et bien faite. C’est une excellente réédition, en effet, que nous donne Charles Jacquier, directeur de la collection « Mémoires sociales », chez Agone. Enrichie d’un avant-propos – « Ni l’un ni l’autre camp (1939-1941) » – et d’une postface – « Une attitude internationaliste devant la guerre » –, rédigés de sa main et finement pensés, l’indispensable Chevauchée a, par ailleurs, été annotée juste ce qu’il faut pour que le lecteur ne peine pas trop à s’y reconnaître dans ce récit à clefs. Ajoutons que C. Jacquier a eu la bonne idée d’intégrer, en épilogue à l’ouvrage, un texte qui lui fait écho et que Mercier publia, en juillet 1977, sous le pseudonyme de Santiago Parane, dans le numéro 11 de la revue Interrogations, sous le titre : « Hors-jeu international et jeu internationaliste ». Le tout est accompagné d’un beau texte de Marianne Enckell – « In memoriam » – repris de la première édition (Genève, Éditions Noir, 1978). Pour les inconditionnels de cette Chevauchée que nous sommes, il était difficile, au prétexte que nous en avions déjà parlé, de n’accorder nulle place à cet événement éditorial. La solution s’est donc imposée d’elle-même : nous avons décidé de reprendre, sous une forme un peu modifiée, ce que nous en disions, sous la plume d’Arlette Grumo – « Dans un monde qui court à l’abîme... » – et de Freddy Gomez – « Du hors-jeu et de l’engagement comme techniques de résistance » –, dans ce numéro thématique désormais épuisé.

Pour le reste, ce numéro accorde une bonne place au cinquième volume de la Correspondance de Guy Debord : « L’art du repli et le goût de déplaire » (Freddy Gomez).

Au vu de la quantité des ouvrages reçus, et certains d’excellente facture, notre rubrique « Revue des livres et notes de lecture » a pris, ce coup-ci, un peu de poids. C’est bon signe ! On y trouvera des recensions des livres suivants : Émile Pouget. La plume rouge et noire du Père Peinard, de Xose Ulla Quiben et 1906. Le Congrès syndicaliste d’Amiens, d’Émile Pouget ; Réfractaires à la guerre d’Algérie 1959-1963, d’Érica Fraters ; Pierre Pirotte ou le Destin d’un communard, de Jean-Luc Debry ; Au Pays d’Héloïse, de Ngo Van ; Souvenirs d’anarchie, de Rirette Maîtrejean ; Tranches de chagrin, de Jean-Pierre Levaray ; Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands, de Belgrado Pedrini ; Histoire du Premier Mai, de Maurice Dommanget ; Attention anarchiste !, d’Augustin Souchy ; La Sociologie sacrée du monde contemporain, de Georges Bataille ; Les Milieux libres, de Céline Beaudet ; Expériences de vie communautaire anarchiste en France, de Tony Legendre ; La Mémoire et le feu, de Jorge Valadas ; L’Anarchisme en personnes, de Laurent Patry et Mimmo Pucciarelli et Claire l’enragée, de Mimmo Pucciarelli, deux ouvrages d’entretiens. Enfin, une « Revue des revues » fait le point sur les publications récemment parues et méritant examen.

En cette année commémorative du soixante-dixième anniversaire de la révolution espagnole – événement qui continue d’occuper une place de choix, la première probablement, dans l’imaginaire libertaire –, nombreux sont les ouvrages parus, en espagnol surtout, qui, sous tel ou tel angle, en évoquent le souvenir. Parmi ceux-ci, il y a du moyen et du franchement mauvais en quantité, mais aussi du bon, parfois même de l’excellent, ou tout simplement de l’intéressant ou du novateur. Vu l’ampleur de la matière et soucieux sinon d’exhaustivité, du moins de sérieux, nous avons décidé de traiter de tout cela dans un numéro bibliographique – qui devrait être le prochain – centré sur le sujet. Que le lecteur patiente, donc. Tout vient à qui sait attendre.

Bonne lecture, et à la prochaine.

À contretemps

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