Accueil du siteN° 40. L’écart situationniste (mai 2011)
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samedi 13 octobre 2012
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Adrien Dax

 Adrien DAX
Écrits
Édition établie et présentée par Guy Flandre et Oscar Borillo ; illustrations de l’auteur
Paris, Rue des Cascades, 2010, 192 p.

Confirmant cette loi générale de l’histoire qui ne retient des incandescences collectives que quelques éclats individuels, certains astres brillent plus que d’autres au firmament surréaliste. Adrien Dax (1913-1979) n’entre pas, à l’évidence, dans cette lumineuse galaxie. Il serait plutôt de cette part d’ombre que les anthologies sur le surréalisme, attirées par l’extrême lumière, ne mentionnent qu’en bas de page, et encore. Indépendamment du fait que, selon toute vraisemblance, ce surréaliste existentiel se fichait comme d’une guigne de sa propre postérité, il n’en demeure pas moins louable qu’un éditeur audacieux ait eu l’idée de réunir en volume quelques-uns de ses textes – et illustrations – et d’en confier l’édition à Guy Flandre et Oscar Borillo, qui, en plus d’être connaisseurs du surréalisme, s’honorent d’avoir compté Adrien Dax parmi leurs amis. Malgré quelques « sérieux rapports » établis, dès les années 1930, avec les surréalistes, c’est en 1949 que le Toulousain Adrien Dax rejoignit le groupe tout nouvellement reconstitué autour d’André Breton. « À partir de là, notent Guy Flandre et Oscar Borillo, Adrien Dax participe étroitement à la vie du mouvement. » Loin de Paris et à sa manière d’ « inlassable chercheur de passages », ce franc-tireur vivra l’aventure surréaliste comme une expérimentation personnelle empruntant plutôt « les voies de l’expression plastique » et de « l’automatisme graphique ». Au lendemain de la mort de Breton et des « turbulences » qu’elle déclencha au sein du groupe, Dax se situa du côté de la majorité – rassemblée autour de Jean Schuster –, mais sans jamais couper les ponts avec la minorité, réunie autour de Vincent Bounoure. Car les affinités électives, pensait-il, se doivent de transcender les questions de boutique. Cette méfiance des illusions lyriques se retrouve dans bien des textes figurant dans cet ouvrage. Donnés entre 1950 et 1970, à des revues liées au mouvement surréaliste – Médium ; Bief ; Le surréalisme, même ; La Brèche ; L’Archibras – ou à des publications auxquelles Dax collabora ponctuellement – Le Libertaire ; La Nef ; Les Cahiers de la cinémathèque –, ils attestent aussi, sur des thématiques très variées (l’art celtique, l’engagement, Fourier, le cinéma, la peinture, l’Orient, entre autres) l’extraordinaire curiosité d’esprit et l’incroyable érudition de ce personnage hors pair dont on peut dire qu’il était l’incarnation même du surréalisme.

Arlette Grumo

 
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