D’une Espagne rouge et noire

jeudi 20 mai 2010
par  .
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En des temps que l’histoire englobe désormais de son respectable manteau, des femmes et des hommes sont montés à l’assaut du ciel, puisant en elles et en eux-mêmes la force de résister au fascisme tout en cimentant les bases d’un autre monde, libéré de la domination et de l’exploitation. Cela se passa en terre d’Espagne, à l’été 36, quand une guerre civile se fit révolution.

Les quatre personnages qui font l’objet de cette étude – Diego Abad de Santillán, Félix Carrasquer, Juan García Oliver, José Peirats – incarnent, chacun à leur manière, la longue histoire de l’anarchisme espagnol qui, le temps « du bref été » 1936, tutoya la légende. Le récit que ces quatre acteurs majeurs de la révolution espagnole nous font de leur vécu de militants, mais aussi la façon – chaque fois singulière – dont ils ont perçu et appréhendé l’événement, nous aident à comprendre ce que fut, dans toute sa complexité, cette période où s’entremêlèrent la plus belle utopie qui fût et l’éternel retour de la raison d’État.

À contretemps est une revue de critique bibliographique et d’histoire du mouvement libertaire. Orchestrée par Freddy Gomez, elle paraît, depuis 2001, « au gré des lectures, des envies et des circonstances ». Les Éditions Libertaires ont décidé de lui consacrer une collection, intitulée « À contretemps », reprenant sous forme thématique, l’essentiel des articles parus dans la revue. Cet ouvrage en constitue le premier volume.


TABLE

En guise de présentation
Un temps si lointain (Freddy Gomez)
Diego Abad de Santillán : allers et retours d’un anarchiste d’entre deux terres (José Fergo)
Entretien avec Diego Abad de Santillán
Félix Carrasquer : un socratique de l’anarchie (Freddy Gomez)
Entretien avec Félix Carrasquer et Matilde Escuder
Juan García Oliver : échos et contre-échos (José Fergo)
Entretien avec Juan García Oliver
Hommage à José Peirats (Freddy Gomez)
Entretien avec José Peirats
Repères bibliographiques


CITATIONS

« Dire qu’il y a, en milieu libertaire, un mythe de la Commune de Paris ou de la guerre d’Espagne, paraît évident tant ce sont là des blessures de l’histoire encore très présentes dans les sensibilités d’aujourd’hui. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela ne signifie pas que nous vivions en conservant pieusement le souvenir ou la légende de ces deux événements historiques. Cela signifie la présence en nous d’une démarche de l’esprit par laquelle nombre de compagnons d’aujourd’hui se pensent – sur un plan qui est exactement mythologique – comme des hommes de la Commune de Paris ou de la guerre d’Espagne, même s’ils n’étaient pas nés lors du déroulement du deuxième de ces événements. Être des hommes de la Commune de Paris ou de la guerre d’Espagne ne consiste pas à manier immodérément la nostalgie de l’histoire, à vivre plus qu’il ne faut avec le passé, cela signifie reconnaître son identité personnelle propre comme configurée par des événements de ce genre. Cela veut dire que les combats passés, et les époques révolues, sont autre chose qu’une mémoire, que ce soit celles des actes héroïques, des drames, ou même celle des stratégies et des idées à l’œuvre ; ils constituent en nous une réserve d’un temps différent de celui de l’histoire – ce temps qui s’épuise comme les idées, les stratégies et les combats –, la réserve d’un temps inaugural, la certitude que nous pouvons traverser encore des premiers jours de liberté. » (Alain Pessin, Le Populisme russe. Populisme, mythe et anarchie, ACL, 1997)

« Ce fut bien notre bataille, mais le peuple, à un certain moment, prit l’initiative, sans qu’aucun centre de direction ne lui dicte une ligne de conduite. » (Diego Abad de Santillán)

« C’est un fait, la base a fini par accepter les mots d’ordre de ses dirigeants. » (Félix Carrasquer)

« Il n’y avait d’alternative que celle-là : ou nous collaborions à un gouvernement sans le contrôler ou nous assumions la totalité des pouvoirs. La différence est de taille. Quitte à gouverner, il valait mieux que la CNT s’en charge seule. » (Juan García Oliver)

« Dans l’opposition, la CNT aurait fait beaucoup plus de travail en faveur de la révolution qu’au sein de l’appareil d’État. À partir du moment où elle a opté pour cette démarche, elle s’est auto-neutralisée, elle a déserté le terrain de la lutte, retournant son appareil contre les militants révolutionnaires qui, de la base, voyaient les choses assez clairement et refusaient de lâcher prise. » (José Peirats)

Collection « À contretemps », 140 x 210 mm, 252 pages, 15 euros.
Isbn : 978-2-914980-77-7.

DOSSIER DE PRESSE

Alternative libertaire, n° 188, octobre 2009
http://www.alternativelibertaire.org/?Lire-A-Contretemps-en-livre-et-en

Barricata, n° 20, hiver 2010

Divergences, 17 novembre 2009

Le Monde libertaire, n° 1568, 15-21 octobre 2009
http://www.monde-libertaire.fr/expressions/13311-dune-espagne-rouge-et-noire

L’Ours, n° 391, septembre-octobre 2009

Offensive, n° 24, décembre 2009

Réfractions, n° 29, automne 2009