« Horizontalisme » et action directe en Argentine

À contretemps, n° 38, septembre 2010
mardi 13 décembre 2011
par  F.G.
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Guillaume de GRACIA
L’HORIZON ARGENTIN
Petite histoire des voies empruntées
par le pouvoir populaire 1860-2001

Préface de Pierre-Philippe Rey
Paris, Éditions CNT-Région parisienne, 2009, 592 p., ill.

Il existe, nous dit Guillaume de Gracia, de nombreuses similitudes entre les pratiques « horizontalistes » redécouvertes par le mouvement piquetero, et plus largement par les structures de résistance nées de l’Argentinazo – le soulèvement des 19 et 20 décembre 2001 – et l’ancien mouvement ouvrier argentin : même volonté d’auto-organisation, même refus de la hiérarchie, même attirance pour l’action directe et même ancrage territorial. Et pour le prouver, il remonte, avec une aisance étonnante, le fil de son histoire en y pointant les avancées et les reculs de cette « horizontalité » de fonctionnement. Le résultat constitue une véritable fresque de ce labyrinthique mouvement ouvrier argentin, longuement et fortement influencé par l’anarchisme, puis « capté », pour plus longtemps encore, par le « justicialisme », ce populisme de la pire espèce incarné par Juan Perón et dont, aujourd’hui encore, les héritiers – « néo-péronistes de gauche » – président aux destinées du pays. Ce livre fort renseigné fourmille d’éléments d’information et d’analyse précieux sur cette permanence, au sein du mouvement ouvrier argentin et au-delà des sévères défaites qu’il a subies, d’un attachement, toutes tendances confondues, aux pratiques d’action directe.

José FERGO