Prédisposition à la pureté

À contretemps, n° 44, novembre 2012
jeudi 3 juillet 2014
par  F.G.
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■ Grandizo MUNIS
DE LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE
À LA RUPTURE AVEC LA QUATRIÈME INTERNATIONALE (1936-1948)
Textes politiques, Œuvres choisies, tome I

Paris, Ni patrie ni frontières, 2012, 412 p.

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Avec ce premier tome des Œuvres choisies de Grandizo Munis (1912-1989), les Éditions Ni patrie ni frontières entament un travail fort utile de collecte des textes politiques, le plus souvent inédits, de celui qui deviendra, au lendemain de la guerre d’Espagne, l’un des principaux représentants – hispano-mexicain – du courant de la « gauche communiste », dit aussi « ultra-gauche ». Pour ce qui concerne la période retenue – 1936-1948 –, Munis se situe encore dans le camp du trotskisme. Dans l’Espagne en révolution, il fait plus précisément partie du petit cercle des partisans du « Vieux ». En avril 1937, quelques-uns d’entre eux, dont Munis, fondent « La Voz leninista », groupe auquel appartiennent également les poètes surréalistes Juan Brea et Benjamin Péret. Une vingtaine de textes de ce volume se réfèrent directement à cette période et offrent une vision particulièrement critique – et quelque peu sectaire – de la « trahison » de la « cause révolutionnaire » par la CNT-FAI et le POUM, vision que Munis développera plus tard dans Leçon d’une défaite, promesse de victoire (Éditions Science marxiste, 2006). Les autres textes se rapportent aux durs débats qui agitèrent, entre 1941 et 1948, le trotskisme international sur les questions du défaitisme révolutionnaire, de l’analyse du conflit mondial, de l’antifascisme et de la nature de l’URSS. Au terme de ces débats, et en même temps que Natalia Sedova Trotski, Munis rompra définitivement avec la Quatrième Internationale (trotskiste). Son évolution vers la « gauche communiste » date de l’hiver 1948, où il fonde, avec Benjamin Péret, Maximilien Rubel, Ngo Van, Paco Gómez et quelques autres, l’Union ouvrière internationale.

Alice FARO