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D’une crise à l’autre
Un entretien avec Helen Arnold et Daniel Blanchard
Article mis en ligne le 6 septembre 2021

par F.G.


■ Helen Arnold et Daniel Blanchard ont été les premiers, en 1976, à introduire en France la pensée de Murray Bookchin [1]. En 2019, ils participaient, avec Renaud Garcia et Vincent Gerber, à l’édition d’un recueil de textes de cet auteur, intitulé Pouvoir de détruire, pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire [2]. Le fait est que l’œuvre de ce penseur libertaire, qui était aussi leur ami, suscite, depuis quelque temps, un intérêt grandissant.

Je souhaitais, cependant, que cet entretien ne se limite pas à ce seul sujet, mais soit l’occasion d’interroger mes complices sur l’ensemble de leur parcours, en suivant le fil de leurs engage-ments. La critique sociale et le désir d’émancipation sont restés pour eux des préoccupations centrales. Ils ont été, au cours des années 50 et 60, membres du groupe et de la revue Socialisme ou Barbarie, et ont d’ailleurs confectionné en 2007, avec d’autres participants de S. ou B., une anthologie de textes de cette revue [3].

Même si nous abordons également, dans cet entretien, des problèmes d’actualité, comme le mouvement des Gilets jaunes et la gestion de la crise sanitaire, il m’a semblé intéressant d’évoquer les experiences significatives, personnelles ou collectives, qui ont été les leurs. Non par seule curiosité du passé, mais dans l’espoir que cette évocation puisse susciter, au vu des enjeux actuels, des questionnements pertinents sur notre présent de crise.

Il faut, par ailleurs, rappeler que Daniel Blanchard est l’auteur d’une œuvre littéraire où se côtoient la poésie et le récit, mais aussi des textes relevant plus explicitement de la réflexion sociale et politique. On y trouve des essais comme Crise de mots [4] et Debord dans le bruit de la cataracte du temps [5] tout comme des articles sur Castoriadis ou Mai 68. Ces écrits se caractérisent par un ton personnel où le discours général est souvent associé à une experience vécue, contingente, subjective, où l’incertain, voire l’angoissant, n’est jamais masqué, ce qui contribue à faire entrer le lecteur dans une relation égalitaire.

Tout en ayant conscience que ce vaste panorama ne permettrait pas d’approfondir chacun des sujets abordés, j’ai souhaité que les réflexions qu’inspirent à Helen Arnold et Daniel Blanchard leurs parcours se mêlent à celles que suscite notre présent. Dans l’espoir qu’elles incitent chacun d’entre nous à s’interroger sur notre avenir, et – sait-on jamais – à accroître notre volonté de nous le réapproprier collectivement.

Fabien DELMOTTE


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