En guise de sommaire et de présentation

À contretemps, n° 12, juin 2003
lundi 29 décembre 2008
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C’est plutôt tardivement et assez modestement que la presse libertaire de langue française s’est intéressée à Stig Dagerman (1923-1954), écrivain anarchiste suédois. Il a même fallu attendre la récente réédition, chez Agone, de L’Île des condamnés et la publication, chez le même vaillant éditeur, de La Dictature du chagrin et autres écrits politiques (1945-1950) pour que, de-ci de-là, l’on commence à s’intéresser à lui et à parcourir son œuvre. Dagerman, c’est vrai, fut tout le contraire d’un propagandiste, plutôt un anarchiste existentiel trop enclin au doute et à la lucidité pour se satisfaire d’un catéchisme, fût-il libertaire. Du côté de la critique littéraire dite grand public, de même, il arriva qu’on louât le talent brouillon du Suédois, mais un peu du bout de la plume, en lui octroyant un statut de camusien nordique tout juste bon à alimenter quelques courtes chroniques où son anarchisme était systématiquement passé sous silence. En bref, pendant longtemps, Dagerman ne fut certes pas un écrivain maudit, mais simplement un auteur mal compris.

À l’origine de ce douzième numéro d’À contretemps, il y a certainement l’idée de revendiquer Dagerman comme écrivain majeur et comme anarchiste conséquent. Il y a l’envie, aussi, de nous situer, modestement, dans la lignée d’un remarquable numéro – aujourd’hui épuisé – que la non moins remarquable revue Plein Chant lui consacra, en 1986. Plus de quinze ans après, nous avons souhaité mettre nos pas dans ces traces et poursuivre ce voyage renseigné dans l’univers « dagermanien ».

Pour ce faire, notre chance fut sans doute de bénéficier du même arpenteur que Plein Chant, Philippe Bouquet, un des meilleurs traducteurs et connaisseurs de Dagerman. La rencontre fut chaleureuse et fructueuse. Que l’ami Philippe Bouquet soit ici remercié pour les précieux conseils qu’il nous a prodigués, pour le long et passionnant entretien qu’il nous a accordé et pour les trois études qu’il nous a données. Deux d’entre elles – « Stig Dagerman, enfant brûlé » et « Stig Dagerman et l’anarchisme » – sont des rééditions de textes épuisés ou difficiles à trouver. La troisième – « Modernité et actualité de Dagerman » – est inédite.

On lira, par ailleurs, au gré de ces pages, « Dagerman, une vie », de Freddy Gomez, une lecture critique de l’ouvrage Stig Dagerman ou l’innocence préservée, une biographie que Georges Ueberschlag a récemment consacrée à l’auteur du Serpent, et un extrait d’une étude de Tom Karlsson : « Écriture, pathologie et anarchisme ». La traduction de ce texte, inédit en français, est de Philippe Bouquet.

Dagerman milita dans les rangs de la Sveriges Arbetares Centralorganisation (SAC), organisation syndicaliste révolutionnaire suédoise, et fut rédacteur des pages culturelles de son quotidien, Arbetaren. Pour tenter de comprendre un peu mieux ce mouvement, on lira un bel article que Louis Mercier lui consacra, dans La Révolution prolétarienne, en 1960, pour le cinquantenaire de sa fondation, agrémenté de quelques nécessaires repères historiques dus à l’ami Thierry Porré.

Enfin, complété d’une bibliographie de ses ouvrages en langue française, ce numéro se clôt sur un texte de Stig Dagerman – « L’homme qui va bientôt mourir » – donné ici dans une traduction de Philippe Bouquet.

Sommaire

- Dagerman, une vie (Freddy Gomez) [pdf] ;

- Écriture, pathologie et anarchisme (Tom Karlsson) [pdf] ;

- Un entretien avec Philippe Bouquet ;

- Stig Dagerman, enfant brûlé (Philippe Bouquet) [pdf] ;

- Stig Dagerman et l’anarchisme (Philippe Bouquet) [pdf] ;

- Modernité et actualité de Dagerman (Philippe Bouquet) [pdf] ;

- SAC : un congrès pour un cinquantenaire (Louis Mercier) [pdf] ;

- SAC : quelques repères historiques (Thierry Porré) [pdf] ;

- L’homme qui va bientôt mourir (Stig Dagerman) [pdf] ;

- Bibliographie de Dagerman en langue française [pdf].


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