En guise de sommaire et de présentation

À contretemps, n° 3, juin 2001
mardi 25 novembre 2008
par  .
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Il en est des paradoxes comme des intentions : on se doit de les préciser pour être bien compris. La justification de ce modeste bulletin de critique bibliographique, sa raison d’être, il faut les chercher dans l’existence de livres méritoires et, juste retour des choses, dans le désir – le nôtre – de les soumettre à la critique. Or, si le livre que nous présentons ici est bien loin de nous satisfaire, il occupera pourtant, à lui seul, le présent numéro d’À contretemps, d’une pagination plus étoffée qu’à l’ordinaire.

José Martínez : la epopeya de Ruedo ibérico, d’Albert Forment, édité chez Anagrama (Barcelone) dans le courant de l’année 2000, a le mérite – c’est le seul qu’on lui conférera – de sortir de l’oubli la figure de José Martínez Guerricabeitia et d’évoquer ce que fut l’histoire des Éditions Ruedo ibérico (1962-1982). L’idée nous est donc venue de ce numéro thématique où, à partir de la nécessaire lecture critique du Forment, serait abordée l’aventure éditoriale de Ruedo ibérico et le rôle essentiel qu’y joua José Martínez. Au-delà du travail de mémoire et de l’évocation d’un homme et d’une époque, le lecteur avisé percevra l’actualité d’un passé finalement très proche. S’il s’y arrête, il trouvera sûrement matière à réflexion sur des sujets qui occupent notre présent et qui ont trait à la pensée critique, à son expression, à sa compréhension et à sa liaison avec ceux qui persistent à vouloir transformer le monde. Nous l’espérons du moins.

Un mot encore. La parution du livre de Forment n’a pas suscité, en Espagne, de grands débats intellectuels, mais, d’une certaine façon, il a ranimé le chœur des pleureuses et la compassion des faux frères. Nous leur dédions collectivement ces quelques vers de José Angel Valente, publiés, en juillet 1965, dans le numéro 1 de Cuadernos de Ruedo Ibérico, sous le titre « Para oprobio del tiempo » :

Unas palabras eran
por su sonido falsas, se veía.
Otras por su inocencia, peligrosas y aleves.

Ce numéro n’aurait pu être ce qu’il est sans la collaboration précieuse, érudite et passionnée de Marianne Brull. Qu’elle en soit, ici, remerciée.

À contretemps

- Un livre sans qualités sur un homme de talent, par José Fergo

- Hommage à José Martínez, par Francisco Carrasquer

- Ruedo Ibérico : commentaires sur une histoire falsifiée, par Marianne Brüll

- Une autre pelletée de terre..., par Alberto Hernando

- De José Martínez à Felipe Orero : les chemins croisés de la pensée critique, par Freddy Gomez

- Bibliographie complète des Éditions Ruedo Ibérico, par Marianne Brüll