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A Contretemps, Bulletin bibliographique
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Hommage à Gérard Affagard
Article mis en ligne le 23 avril 2020

par F.G.

■ Gérard Affagard (1950-2020) fut un militant syndical de premier plan dans la lutte qui opposa quatre ans durant, de 2010 à 2014, les « Fralib » de Gémenos (Bouches-du-Rhône) au groupe Unilever, qui prétendait délocaliser sa production en Pologne. Après 1336 jours d’occupation de l’usine, ce combat héroïque déboucha sur la création de la Scop-TI, société coopérative et participative. Cet hommage nous a été transmis par ses camarades de la CGT.– À contretemps.



Nous venons d’apprendre avec une immense tristesse le décès de notre camarade Gérard Affagard.

Nous tenons avant tout à présenter à son épouse, Anne-Marie à ses enfants, Johnny et Allison, à ses petits-enfants, Emma, Cameron et Jeanne, nos très sincères condoléances et les assurer de notre soutien, de notre amitié et de notre sympathie en ces moments difficiles.

Nous espérons bientôt pouvoir lui rendre l’hommage qu’il mérite quand les conditions le permettront.

Gérard a rejoint l’usine de Gémenos durant l’été 1998 après la fermeture de celle du Havre.

Dès son arrivée, il prendra le parti des salariés, quand beaucoup d’autres agents de maîtrise choisiront eux le confort de leur statut ; il le fera d’ailleurs au détriment de son évolution de carrière.

Il prendra le mandat de délégué syndical CFE-CGC au début des années 2000, il sera élu au comité d’entreprise de Fralib et au comité de groupe Unilever- France.

Gérard était un homme droit, de grandes convictions et d’une grande modestie malgré le rôle souvent décisif qu’il avait joué dans le combat des ex-Fralib.

Son engagement sera sans faille pendant la lutte menée par les salariés pour la préservation de leur outil industriel, de leur emploi et pour la dignité.

Pendant ce long et dur conflit, le groupe Unilever avait utilisé tous les moyens, et notamment financiers, pour faire plier notre mouvement, et nous affaiblir ; beaucoup d’autres feront ce choix ; Gérard quant à lui fera le choix du combat courageux et de la dignité.

Il faut rappeler que, le 28 septembre 2010, à l’annonce du projet de fermeture de notre usine, Gérard était à une semaine de ses 60 ans. Il pouvait faire valoir ses droits à la retraite. Il s’y est refusé, décidant de prendre toute sa place dans le combat que nous entamions.

Il mérite tout notre respect et notre admiration.

Pendant le long combat que nous avons mené, il y a eu des moments de fatigue, parfois de désespoir et de tension ; Gérard se caractérisait par son optimisme, son engagement sans faille et savait rassembler en ces moments difficiles.

Il sera à nos côtés jusqu’à la victoire finale le 26 mai 2014.

Le discours qu’il prononcera le 4 juillet 2014, lors de la célébration de notre victoire résonne encore dans les murs de notre usine.

Il participera activement à la mise sur pied de notre Scop jusqu’au moment où il fera valoir ses droits à la retraite.

Il décidera à ce moment-là d’adhérer à notre organisation syndicale CGT.

Il restera par la suite à nos côtés, soucieux de l’évolution de Scop-TI, assurant notamment des visites d’usine à de nombreuses reprises.

Pour que soit perpétuées l’histoire et la mémoire de notre lutte, il fut nommé président honoraire de notre Association Fraliberthé.

Cher Gérard, tu resteras toujours dans nos cœurs et nos mémoires.

SES CAMARADES

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