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En des temps déjà anciens, des êtres sont montés à l’assaut du ciel d’Espagne avec la force de résister au fascisme tout en jetant les bases d’un monde sans domination ni exploitation. Le souvenir de cette révolution espagnole de 1936, belle comme la radieuse déraison libertaire qui la porta, resurgit après la mort de Franco en 1975. Puis au cours des années 1980, il s’enlisa dans les sables de l’oubli d’une Espagne où la « transition démocratique » vers le tout-marché se fonda sur un accord entre une « droite » et une « gauche » pressées d’enterrer le vieux projet d’émancipation sociale et humaine dont le mouvement ouvrier espagnol, sous influence anarcho-syndicaliste, avait été l’indéniable artisan.
Folies d’Espagne s’intéresse aux ombres et lumières de l’activité anarchiste durant la guerre civile et dresse un panorama critique des succès et des échecs de cette révolution où, pour la seule fois dans l’histoire, du moins aussi massivement, un peuple en armes résista au fascisme tout en aspirant au communisme libertaire.
Composé à partir de recensions d’ouvrages parus le plus souvent en espagnol et inédits en français, ce recueil repose sur un suivi méthodique, et parfois polémique, des débats historiographiques qui agitèrent le post-franquisme.
TABLE
En guise de préambule.
Les organisations.
Les anarchistes dans la guerre d’Espagne : éléments de chronologie.
Variations sur une guerre sociale.
Délits de suite et résistances.
Varia.
Index des noms.
CITATIONS
● « L’histoire de l’anarchisme, même honnêtement écrite, et celle de l’anarchisme en révolution plus particulièrement, laisse toujours, ou presque, une impression de manque. La cause est évidente : c’est qu’à la traiter selon les seuls instruments statistiques et méthodes d’analyse des historiens, elle passe le plus souvent à côté de l’essentiel, ce tremblement collectif qui accouche d’un monde nouveau, cette émotion partagée d’une insurrection des esprits, cette croyance soudaine que la vie s’avance et qu’elle est bonne à prendre. Pour dire cela, il faut casser les moules et ne reculer devant aucune audace. »
● « On peut gloser sur l’illusion lyrique d’une époque que le triste temps présent rend si lointaine qu’elle prend des airs de légende. On peut y critiquer aussi cette part importante d’optimisme volontariste qu’elle portait en elle, ce goût immodéré pour la grandiloquence et la mystique révolutionnaire. Il n’empêche, ces éléments étaient bien constitutifs du rêve émancipateur. »
● « Augmentés jusqu’à devenir légendaires ou censurés jusqu’à se perdre dans les marais de l’oubli, les souvenirs des uns et des autres, entre trop-plein et non-dits, restituent pourtant la même part du rêve que la défaite a brisé : l’ « exilé de l’extérieur » l’a cultivée jusqu’à l’obsession quand « l’exilé de l’intérieur », lui, l’a refoulée pour ne pas avoir à en rendre compte devant les bourreaux. L’un et l’autre l’ont fait pour tenir, pour continuer. En résistant, d’un côté, à l’oubli. En s’y abandonnant, de l’autre. Dans les deux cas, leur vie en dépendait. »
● « On comprend la détresse qui saisit ces combattants libertaires de la première heure, venus de partout “se brûler à l’air libre” (Louis Mercier) d’une révolution en marche, quand, au ressac d’une guerre en passe de devenir classique, ils eurent à choisir entre se faire soldats ou partir, le premier terme de l’alternative les obligeant à mutiler leur conscience, le second à abandonner leurs frères de combat. »
Paris, Éditions L’échappée, 2025, 384 p., 22 euros
Isbn : 978-23730917-4-8
ÉCHOS...
● « La révolution espagnole entre rêve libertaire et tragique défaite », une recension de Jean-Jacques Bedu publiée, le 26 septembre 2025, sur le site site « Mare Nostrum, une Méditerranée autrement »
● « Guerre d’Espagne, guerre sociale », une recension de Sébastien Navarro publiée sur notre site le 20 octobre 2025.
● « Comme un athénée libertaire au fil des pages », une recension de Francis Pian publiée dans Le Monde libertaire du 18 octobre 2025.