A Contretemps, Bulletin bibliographique
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De l’huile sur le feu
Article mis en ligne le 10 septembre 2025

par F.G.


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L’État est un bon gestionnaire. Il dilapide l’argent qu’il extorque aux salariés, et quand les caisses sont vides, il les maltraite davantage. Les maigres compensations des services publics ne l’intéressent plus. Ce qui compte, c’est gorger les propriétaires d’argent public, de gaver cette classe qui, au lieu de payer des impôts, les captent sous forme de contrats d’État ou d’« aides aux entreprises ». Aucun gouvernement ne s’embarrasse plus d’acheter la paix sociale. Il faut que la phynance publique devienne richesse privée, et voilà tout.

De là tous les déficits qui, par un étrange retournement des lois économiques, permettent au débiteur qu’est l’État de saigner davantage ses véritables créanciers. Ceux qui vivent de son argent accusent la population de vivre au-dessus de ses moyens. Il faut bien que quelqu’un paie la vaisselle de l’Élysée, les garden-parties, le faste du pouvoir, les intérêts des banques et, pourquoi pas, une guerre à venir.

Si la masse des travailleurs se révolte, l’État doit avoir de quoi faire rentrer dans le rang la plèbe pour qu’elle charbonne et consomme, crache à nouveau ses impôts. Magie de l’aliénation : c’est encore son argent qui lui revient, sous forme de matraque, gaz et grenade, et qui sert à payer les porcs qui la passe à tabac.

Toutes ces dépenses, tous ces efforts de l’État ne servent finalement qu’un but : entretenir la dynamique économique d’un capitalisme mourant qui, en plus de nous voler notre vie, est en train de tout détruire. Il faudrait qu’on lui sacrifie encore deux jours par an de notre existence, sans même être payés, qu’on le laisse accaparer l’eau des nappes phréatiques, polluer les champs, courtiser les incendies et les épidémies. La France des honnêtes gens peut être fière de trimer et de payer ses taxes : elle nourrit ses empoisonneurs, qui rient au nez des cancéreux.

Un pouvoir si cynique, si fascisant, capable de violer des élections qu’il a lui-même convoquées et de rester sourd à des manifestations massives, ne se combat pas à coups de pétition.

Les Gilets jaunes l’avaient compris.

Le 10 septembre est l’occasion de leur rendre hommage – et peut-être de faire mieux.

GROUPE LUDDITE INTERNATIONAL
10 septembre 2025.


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