Il semble que l’on pourrait décrire la dynamique historique contemporaine, non plus comme cela se faisait jusque récemment sous une forme linéaire, mais comme une sorte de poupée russe dont les figurines les plus intérieures ont commencé à se dissoudre patiemment les unes après les autres depuis déjà pas mal de temps, même si ce processus n’est guère trop perceptible si l’on ne considère que la figurine la plus extérieure. Cette dynamique construit des poupées extérieures en même temps que se fissurent, se lézardent, se dissolvent les poupées intérieures.
Ainsi lorsque l’on essaie de décrire le présent le plus immédiat comme une sorte de répétition des phénomènes totalitaires qui ont émergé dans la première moitié du XXe siècle, l’on s’enferme, s’enferre, dans une logique linéaire (même s’il s’agit ici d’une forme tout à fait régressive) de l’histoire, logique dont il s’agit précisément de sortir. Le problème, c’est que c’est justement cette forme téléologique de l’histoire qui nous interdit de comprendre les enjeux magistraux auxquels nous sommes désormais confrontés. Certes, à regarder dans le rétroviseur, ce qui semble se rapprocher analogiquement le plus des tensions fantastiques qui nous agressent fait quelque part penser à cette période charnière qui englobe les deux guerres mondiales [voir, par exemple Récidive 1938, de Michael Fœssel].
Ce parti-pris téléologique considère ainsi que l’histoire de la modernité est synonyme de renforcement linéaire de la domination capitaliste, renforcement qui constitue le mantra idéologique du temps, mais aussi le cadre de référence incontournable et obligatoire de toute compréhension du monde. Or il me semble que toute l’histoire de ce monde depuis le début du XXe siècle peut être lue comme un démenti cinglant de cette téléologie, comme un éloignement de plus en plus marqué de ce qui se révèle être l’utopie de la modernité classique, incarnée par la dynamique issue de la Révolution française.
Pour reprendre l’image de la poupée russe, chaque crise historique rajoute une figurine extérieure à la précédente (« institutionnalise » une nouvelle strate historique), mais, en même temps, fragilise les poupées les plus intérieures (augmentant les contradictions entre les différentes strates institutionnelles sur le temps long). Or, que peut-on remarquer ? C’est que, très généralement, les forces sociales et sociétales instituées cherchent à répondre à la crise en revendiquant une intangibilité et une intemporalité des poupées originelles quand bien même ce sont celles qui sont les plus fragilisées…
Ainsi, à la crise de la modernité classique s’est rajoutée la couche particulière des totalitarismes associant dirigismes économique et idéologique, puis la couche du keynésianisme associée à la social-démocratie et la couche du néolibéralisme associée au postmodernisme. Une nouvelle strate se constitue sous nos yeux. Chaque couche s’appuie sur une relation particulière entre les couches internes et les couches externes, chaque couche interne projetant une cohérence particulière sur les couches externes : depuis la crise majeure de la modernité classique au début du XXe siècle, la tension entre les niveaux internes et externes n’a fait que s’approfondir. C’est pourquoi faire référence à un « retour » d’une phase « fasciste » revient en fait à gommer l’approfondissement de la contradiction historique au profit d’un mouvement de type pendulaire qui a pour principale caractéristique de déhistoriciser, en la masquant, une dynamique infiniment plus large, plus profonde et plus grave.
En effet, les mouvements fondamentalistes – sous ma plume aussi bien religieux ou politiques que marchands – ne se contentent pas seulement de tenter de réactiver une couche plus profonde de la mémoire historique, ils articulent une fiction « originelle » avec une projection matérialiste techniquement équipée avec les dernières innovations en cours : la page du néolibéralisme est ainsi tournée en même temps que celle du postmodernisme, et s’incarne aussi bien dans les dystopies transhumanistes de l’homme augmenté que dans les délires néo-impérialistes activés par des Trump ou des Poutine. Ces derniers puisent certes aux références totalitaristes anciennes pour justifier leurs volontés de puissance – ou peut-être, plus précisément, pour masquer l’effondrement des outils institués de leur ancienne puissance –, mais cela ne veut pas dire pour autant que ces références anciennes soient des grilles de lecture tout à fait pertinentes pour décrire ce qui se passe vraiment (en particulier parce que ces approches invisibilisent les oppositions contemporaines à ces dynamiques, oppositions qui, dans leur forme contemporaine, ne pouvaient pas exister qualitativement dans leur format ancien, et qui doivent donc, pour le monde immédiat, être encore pour l’essentiel considérés comme relevant de l’informel).
Ce que nous avons sous les yeux n’est pas le dernier avatar d’un nouveau palier dans la domination capitaliste du monde : après l’effondrement de la modernité classique dans la dynamique des deux guerres mondiales et sa mutation en une postmodernité qui chercha ses marques durant la seconde moitié du XXe siècle, nous avons aujourd’hui à faire face à l’effondrement de la postmodernité elle-même. C’est une erreur manifeste de chercher à comprendre le moment présent comme l’expression d’un triomphe du néolibéralisme : bien au contraire, nous assistons à son échec manifeste, à l’effondrement de la croyance en une articulation nécessairement positive entre cohésion politique et cohésion économique, entre cohésion étatique et cohésion capitaliste (que même les néo-libéraux revendiquaient). La relativisation généralisée du réel qui caractérisait le postmodernisme s’effondre aujourd’hui sur lui-même dans une négation de la réalité elle-même. Quand vérités et mensonges ne relèvent plus que du régime aléatoire de l’opinion et que, par ailleurs, même la notion d’opinion publique s’est dissoute dans celle des seules opinions individuelles.
La crise contemporaine peut ainsi être comprise comme une désarticulation supplémentaire entre logique étatique et logique capitaliste : ce que nous avons sous les yeux, c’est en effet le constat que ces deux logiques ne tirent plus dans la même direction, ce qui ouvre un boulevard à une emprise majeure des logiques mafieuses sur fond de dérégulation conjointe des cohérences étatiques et économiques et de globalisation extra-étatique. Ce point est à souligner : la globalisation capitaliste ne relève désormais plus d’un inter-nationalisme – comme le suppose le postulat d’une gestion étatique des divers capitalismes nationaux –, mais bien d’une autonomisation anti-étatique. Ce processus se signale par un effondrement des cohérences nationales, effondrement qui se manifeste en premier lieu à travers le développement des fondamentalismes politiques, marchands et religieux, pour son versant visible, et par la recherche d’un nouveau rapport à une réalité (supra-étatique ?) devenue insaisissable par la perte de ses repères traditionnels hérités, pour son dialectique versant informel.
Ce qui explique d’abord la situation présente, ce n’est pas en premier lieu une efficacité idéologique, même techniquement suréquipée, de la part des oligarchies mafieuses, mais l’effondrement des référentiels historiques hérités qui ne sont plus en phase avec la réalité effectivement produite par le développement historique : la clé de lecture repose sur un retard manifeste des intelligences théorique et pratique telles qu’héritées des dynamiques passées et le monde qui aura été effectivement produit par elles et qui le débordent.
Ce que je veux souligner, c’est que la fonction idéologique des logiques mises en œuvre par ces nouvelles oligarchies n’est pas tant de mettre sous le boisseau des alternatives qui existeraient armées de pied en cap et qu’il suffirait de mettre en pratique « si tous les humains de bonne volonté voulaient bien se donner la main », mais seulement d’occuper, pour ainsi dire au moindre coût, le terrain historique qui se transforme en friche désarticulée et insalubre, malheureusement terreau principal de leur survie. Loin de moi l’idée de nier l’effarant suréquipement des forces de domination et de contrôle social, mais d’un autre côté il n’y a d’histoire humaine possible que parce que les représentations instituées du monde ont jusqu’à présent toujours fini par être en retard sur la réalité effective – ce qui n’est cela dit un gage de rien quant aux temps éventuellement à venir, et c’est bien pourquoi la passivité ne peut pas être une option.
Les totalitarismes anciens se sont construits sur le développement et le contrôle de la puissance de l’État, alors que les néo-totalitarismes qui se profilent cherchent à se construire sur le démantèlement néo-libertarien de l’État au profit de logiques de contrôles activées par des oligopoles déterritorialisés (privés par définition) : même les guerres sont en cours de privatisation au moins partielles, avec de plus en plus d’« armées privées » (cf. aux USA, en Russie, en Chine…).
Les totalitarismes anciens reposaient sur une « exportation » de la puissance des États concernés, quand les néo-totalitarismes récents reposent sur une logique territoriale de type mafieuse, considérée comme base arrière de repli dans l’optique d’une stratégie de prédation.
Autre point à souligner : les totalitarismes anciens étaient antireligieux, quand les néo-totalitarismes contemporains, que je préfère qualifier de fondamentalismes, se revendiquent ouvertement d’une divinité. Les similitudes ne doivent pas masquer les profondes différences ; je dirais même que l’accent mis sur ces similitudes est finalement un moyen de sous-évaluer la profonde originalité et spécificité historiques du développement des fondamentalismes. En effet, le fait d’essayer d’inscrire ces fondamentalismes dans la logique ancienne des fascismes revient surtout à s’interdire de comprendre le changement radical des contextes historiques ; c’est continuer à essayer de se revendiquer d’une continuité historique dont la remise en cause est pourtant au cœur de la redéfinition du présent. Ce qui se passe sous nos yeux est la conséquence d’une remise en question de l’ensemble de la dynamique historique caractéristique du XXe siècle, dont effectivement les totalitarismes sont un moment essentiel et incontournable : les dynamiques qui sous-tendaient le développement des totalitarismes au début du XXe siècle ne sont pas celles qui structurent le développement des fondamentalismes du début du XXIe siècle, quand bien même on pourrait déceler des similitudes superficielles : cela ne signifie aucunement que la situation présente n’est pas au moins aussi grave qu’alors, voir probablement bien pire. Et c’est bien parce que cette situation est potentiellement bien plus grave que la référence un peu trop facile aux totalitarismes d’antan devient problématique : paradoxalement, cela peut revenir à atténuer la gravité et l’intensité de la crise contemporaine, et à invisibiliser la bifurcation en cours hors des sentiers balisés et cartographiés.
Il a été souligné par maints observateurs que Poutine ou Trump, mais également leurs homologues turc, persan, israélien ou encore chinois (dans une moindre mesure) cherchaient à réactiver idéologiquement, au moins en partie, des logiques ressortissant aux impérialismes d’avant 1914 : cela signifie que tous ces acteurs, en particulier, mais ils ne sont évidemment pas les seuls, cherchent à s’abstraire des dynamiques historiques constitutives du siècle écoulé parce qu’ils ne les comprennent pas, en soulignant dans le même mouvement que chercher à contrer ces dynamiques américaine ou russe au nom des cohérences historiques qu’ils rejettent – c’est-à-dire maintenir une grille d’analyse qui repose sur une continuité du temps capitaliste relève également d’une forme de déni de ces dynamiques contemporaines qui, précisément parce qu’elles sont de facto en panne, permettent leur rejet antihistorique par certains acteurs. Pour le dire autrement, je pense que les fondamentalismes actent une rupture effective du temps historique, mais seulement négativement. C’est la raison pour laquelle ils sont si populaires, et également la raison pour laquelle les hérauts de la continuité historique sont, eux, devenus inaudibles, en particulier à gauche de l’échiquier politique puisque leur vision progressiste de l’histoire relève de leur ADN culturel.
Il est fondamental de noter que les réponses poutinienne ou trumpiste s’adressent à des problématiques les plus contemporaines, mais qui restent sans solutions dans le cadre des référentiels historiques hérités et institués : la montée généralisée des fondamentalismes politiques et religieux – qui est généralement traduite médiatiquement, et superficiellement, comme un développement des extrêmes droites – est d’abord la première face, la plus facile et la plus simpliste, d’une tentative de trouver des réponses aux impasses du présent en puisant au passé, un passé nécessairement mythifié, plutôt que d’emprunter la face inverse, dialectiquement plus exigeante et incertaine, d’un véritable dépassement. Le point central pour comprendre cette contradiction est bien de partir d’une situation bloquée par absence de perspectives encore rationnellement crédibles, d’une situation résultant d’un échec manifeste du cadre institué hérité (et ce, quelles qu’en soient les variantes). C’est parce que nous sommes devant un mur tout à fait manifeste d’incompréhensions de la situation réelle que les pseudo-solutions fondamentalistes peuvent s’exprimer. Je ne pense pas du tout que les fondamentalismes cherchent à « sauver le système » : au contraire ils sont une tentative de contournement de la problématique de son effondrement, en s’accrochant aux quelques branches idéologiques qui traînent encore…
Je dirais que les références activées par les fondamentalismes nous donnent indirectement la mesure de la période historique à reconsidérer : elles sont le thermomètre inversé des cohérences historiques en faillite. Par rapport au moment présent, le vertige négatif qu’incarnent les fondamentalismes (politiques, marchands et religieux) est l’envers du saut positif qu’il nous faut accomplir pour tenter de résoudre la crise qui secoue notre existence la plus immédiate et vis-à-vis de laquelle les solutions normalisées, et désormais éculées, sont disqualifiées.
De la même manière que les fondamentalismes nous permettent de définir en creux une échelle temporelle de la crise historique, leur développement rhizomique sur un plan spatial nous donne un indice de l’échelle géographique de l’espace en crise : on constate immédiatement que tant les découpages temporels que géographiques traditionnels qui structuraient nos sociétés sont concernés. À partir du même principe, on peut considérer que la diversité des milieux socio-culturels concernés par cette sensibilisation aux thèses fondamentalistes nous donne la profondeur de la désarticulation des rapports socio-économiques.
Pour utiliser le langage de Koselleck [1], l’espace d’expérience et l’horizon d’attente tels que le monde institué présent en a hérité sont devenus irréconciliables, et c’est leur antagonisme devenu désormais radical qui apporte la clé de lecture de la crise multiforme du présent. Cet antagonisme est traité sur le plan idéologique par les tentatives de réaligner soit l’un soit l’autre sur le terme restant, quand l’approche révolutionnaire consiste dans la nécessaire redéfinition simultanée des deux (avec ce que cela implique de part d’inconnu et d’indéfini, de jeu historique).
Nous ne pouvons pas sous-estimer que tout processus historique est de nature biface : il se lit toujours nécessairement, et contradictoirement, dans une dynamique de continuité et de rupture – ce qui ne veut pas dire qu’elles sont de même intensité. Cela signifie que toute interprétation qui s’appuie unilatéralement et exclusivement sur l’une ou l’autre se fourvoie. C’est cette double nature qui permet les basculements et les retournements de tendances.
Ainsi, il n’est pas possible de considérer que ce monde basculerait « simplement » dans une phase réactionnaire : l’intensification du développement des fondamentalismes n’exprime pas un processus historique au premier degré, mais doit être lue comme une réaction particulière à un processus historique global bien plus large qui suscite en retour ce moment fondamentaliste. Ce dernier n’est donc qu’un aspect de la problématique historique en cours. L’erreur à ne pas commettre est de chercher à comprendre ces fondamentalismes comme des réponses réactivées à des conflictualités politico-sociales déjà existantes, en sous-entendant que des forces instituées seraient alors « battues » dans le cadre d’une conflictualité balisée – du type « la guerre des classes existe, et c’est nous qui la gagnons »… Il me semble que l’essor des fondamentalismes exprime au contraire le revers d’une déréalisation des conditions héritées de la conflictualité historique. Les fondamentalismes répondent, du moins cherchent à répondre, à une bifurcation qui a déjà eu lieu, même si c’est finalement pour la nier.
On peut signaler également le dramatique appauvrissement intellectuel, conceptuel, culturel des fondamentalismes, et leur mise au ban de la complexité du réel qui se traduit par le rejet de toutes les ambiguïtés qui font le socle du vivant et de toutes ses diversités, rejet opéré à l’aune d’un prétendu « bon sens » toujours univoque, vidé de toute profondeur temporelle comme spatiale. Alors que la crise du capitalisme et de la société globalisée se manifeste par une uniformisation réductrice et un effondrement des diversités, tant culturelles que biologiques, c’est comme si les fondamentalismes politiques, marchands, religieux faisaient de la surenchère simplificatrice : ce n’est pas pour rien que la tronçonneuse est devenu l’outil symbolique de la négation du réel. Appauvrissement du monde et développement concomitant de l’intolérance vont ainsi de pair : l’intolérance est d’abord un mécanisme idéologique de défense contre le doute et le questionnement, une conjuration contre le foisonnement et l’ouverture du réel. Ce n’est pas non plus un hasard si la « sécurité » est devenue un concept idéologique cardinal pour les fondamentalismes, le sésame qui évacue par magie l’ambiguïté créatrice de l’altérité, la possibilité de se confronter positivement à l’inconnu, au non-maîtrisé, à la part aléatoire de toute existence.
L’IA (intelligence artificielle) et le transhumanisme tels qu’ils sont portés par les fondamentalistes pourraient passer pour contradictoires avec la charge progressiste que certains leur prêtent encore, mais un personnage comme Musk montre bien qu’il y a une identité profonde entre ces dérives technologistes et les fondamentalismes : la fiction d’une sécurité absolue par les machines, qui sont idéalement-idéologiquement appelées à fournir des réponses toutes prêtes et formatées à toutes les questions existentielles des humains, qu’elles concernent le corps ou l’intellect, en les libérant de ce qui devient pour eux le fardeau de donner un sens à leur vie, nécessairement faible, imparfaite, limitée, aléatoire, brouillonne, inexprimée, nuancée, contradictoire, indécidable, polysémique, impure, etc., toutes caractéristiques insupportables aux fondamentalismes.
Si une des conditions de la guerre est la simplification radicale des enjeux idéologiques, nous sommes effectivement mal barrés. Car, si un phénomène semble se développer, c’est bien celui d’une simplification drastique des enjeux de la diversité et de la complexité possiblement positive de l’existence générée par cette diversité. Les fondamentalismes sont ainsi devenus des monocultures idéologiques faisant écho aux monocultures agricoles et industrielles qui appauvrissent et laminent partout le vivant – dont la spécificité première est, du moins était, le foisonnement anarchique de la différenciation active. Ainsi, ce n’est pas la différence et la variété qui sont fondamentalement conflictuelles, mais au contraire le monolithisme, l’univoque, l’absolu, le dogme, la pureté, la perfection. Les sociétés humaines ont toujours cherché à codifier la gestion des ambiguïtés ; ce ne sont que les régimes autoritaires et totalitaires qui ont cherché à les extirper au maximum.
Les fondamentalismes contemporains ne font pas exception à ce constat. La différence avec les totalitarismes du début du XXe siècle, c’est que, quand ces derniers structuraient peu ou prou la conflictualité sociale autour de propositions autoritaires inversées, les fondamentalismes d’aujourd’hui s’élaborent face à une liquéfaction des rapports établis au monde. De plus, quand les totalitarismes anciens reposaient sur des excroissances du nationalisme, les fondamentalismes actuels sont une réponse particulière à l’inadéquation des espaces nationaux face à la mondialisation : rien d’étonnant, donc, si les fondamentalismes sont également des néo-impérialismes qui cherchent par un changement d’échelle à contrecarrer la tendance adverse positive qui réinterroge les fondamentaux d’un nouvel universalisme hors des carcans nationaux. Quand bien même cette tâche pourrait sembler insurmontable.
LOUIS
Colmar, mars 2025.
Texte repris du blog « En finir avec ce monde »